Rythmes scolaires, précarité et licenciement des CUI, carte des formations, Education prioritaire ... La CGT-Educ’action interpelle le Recteur lors du CTA du 16 octobre

vendredi 17 octobre 2014
par  cgteducaix

Déclaration de la CGT-Educ’action Aix-Marseille au CTA du 16 octobre

 

 La rentrée 2014 s’effectue dans des conditions selon nous encore sensiblement dégradées par rapport à 2013. L’Education, comme l’ensemble des services publics, est percutée par une l’austérité salariale et budgétaire. C’est pour exiger une autre politique que l’austérité pour l’emploi les salaires, les services publics et la sécurité sociale, que la CGT appelle à se mobiliser aujourd’hui 16 octobre et que plusieurs secteurs sont en grève.

Dans ce contexte général, la situation à Marseille illustre les effets dévastateurs du décret sur les rythmes scolaires. Le transfert de compétence à une municipalité totalement indifférente à l’école publique, aux enfants qui la fréquentent et à leurs parents, ainsi qu’à l’ensemble de ses personnels, aboutit à une situation totalement aberrante. Situation que pour notre part nous avions anticipée et sur laquelle nous avions alerté de manière continue.
Mais Marseille n’est pas la seule ville où l’égalité d’accès à un service public de qualité et la gratuité du temps passé à l’école sont mis à mal. Pour la CGT c’est le décret lui même qui est en cause et qui aboutit à creuser les inégalités et à désorganiser globalement le cadre de l’école publique. Nous réclamons toujours son abrogation.

Le secteur de l’éducation prioritaire est lui aussi en danger. Le 23 septembre dernier, le ministère a annoncé la répartition académique des 1082 réseaux REP, dont 350 réseaux REP+. L’académie d’Aix-Marseille se verrait doter, à compter de la rentrée 2015, de 33 réseaux REP+, et de 29 réseaux REP. Le compte n’y est pas ! De fait la montée en puissance du nouveau dispositif correspondra semble-t-il en pratique à la sortie d’un grand nombre d’établissements de tout dispositif d’éducation prioritaire. En effet, en ne comptabilisant que les établissements actuellement ECLAIR ou RRS, ce sont plus de 76 collèges et lycées d’Aix-Marseille qui relevaient de l’Éducation prioritaire, soit bien plus que les 62 qui nous sont annoncés au plan académique.
Nous exprimons notamment les plus vives inquiétudes en ce qui concerne l’avenir dans le champ de l’éducation prioritaire des lycées et lycées professionnels. Cette réforme, une fois encore conduite à moyens constants, prétend concentrer les moyens sur certains établissements et abandonne clairement l’objectif pourtant stratégique de la réduction des effectifs par classe. La mesure de pondération qui permet la reconnaissance du travail effectué dans les établissements ne peut tout résoudre et ne concerne d’ailleurs que les établissements REP+. 
Concrètement, cela signifie que des établissements (collèges, lycées, LP) recevant des dotations spécifiques assurant encore quelques dédoublements et maintenant des maxima de recrutement à 24, vont perdre le peu de moyens qui leur restait. Nous serons donc extrêmement vigilants sur la liste des établissements qui sera arrêtée au plan académique en décembre et nous appelons d’ores et déjà les personnels et les établissements à agir pour exiger des dotations à la hauteur de leurs réels besoins.

 Dans ce contexte lié à l’éducation prioritaire, nous souhaitons évoquer ici les conditions particulièrement désastreuses, pour les élèves et les personnels, de la rentrée au LPO Diderot de Marseille. Nous souhaitons attirer l’attention de M. Le Recteur sur le fait que cette situation est porteuse de découragement, de souffrance et désormais de risques importants pour la santé de l’ensemble des personnels. L’intersyndicale du LPO Diderot a demandé à être reçue en audience, et nous relayons auprès de vous cette demande en espérant qu’elle sera bientôt satisfaite.


En ce qui concerne le bilan de la rentrée, les 40 créations de postes enseignants qui s’ajoutent aux 86 de l’année précédente sont à mettre à regard de la réalité à laquelle ont conduit les suppressions de postes des années antérieures (-72 en 2011, -262 en 2012). Pour les personnels ATSS, si un léger effort est réalisé pour les personnels sociaux et de santé (2 médecins, 4 infirmières, 4 assistantes sociales), nous ne pouvons que constater l’insuffisance par rapport aux besoins et surtout le fait qu’aucun poste de personnel administratif n’est créé dans les services académiques (rectorat, IA, IEN, CIO) et les établissements, alors que les difficultés sont considérables dans ces services. La Cgt rappelle d’ailleurs son opposition résolue à la réforme de la carte comptable et interpelle de nouveau l’administration sur la remise en cause des missions des points ACAR qui n’a fait l’objet d’aucune discussion avec le personnel et les organisations syndicales.
 

Les enseignant-e-s en formation sont également confronté-e-s aux aberrations d’un système fondé sur la masterisation qui ne reconnait pas leur statut de fonctionnaires-stagiaires. Ils/elles sont soumis-e-s à des exigences hors de propos dans le cadre d’un parcours de formation en vue de leur titularisation après concours. Les revendications des fonctionnaires-stagiaires titulaires de M2 ou dispensés doivent d’urgence être entendu-e-s. Au risque sinon de provoquer découragement et abandon. Cela suppose pour la CGT le retrait en ce qui les concerne de toute référence à l’exigence d’un mémoire de type M2 et la mise en place de modalités d’évaluation adaptées à leur qualité de fonctionnaire-stagiaire en formation pratique.

Cette rentrée est toujours celle de la précarité. Le plan Sauvadet n’a pas permis sa résorption. Même les contractuels qui remplissaient les conditions d’éligibilité ont souvent fait face à des jurys qui n’ont pas pourvu tous les postes. Ils ont été rejetés dans la précarité. Ils continuent d’exercer en tant que contractuels des fonctions pour lesquelles l’Etat se refuse à les employer en tant que titulaires. Quant aux recrutés, plus de la moitié d’entre eux se sont retrouvés hors de leur académie d’origine, entraînant pour des personnels exerçant depuis plusieurs années des situations personnelles et professionnelles souvent désastreuses. 

Un décret vient d’améliorer quelque peu la reconnaissance de l’ancienneté des ex-contractuels devenus stagiaires. Ceux qui ont subi des conditions de reclassement pénalisantes les années précédentes ont jusqu’au 15 mars pour demander un nouvel examen. Nous demandons qu’un information individuelle soit envoyée à tous les collègues concernés (très nombreux), ce que prévoit d’ailleurs le décret.
Enfin, pour tous les non-titulaires nous continuons de réclamer au plan académique la cohérence de gestion, une grille de salaire alignée sur celle des titulaires (sans rémunération au mérite). Nous attendons toujours la mise en place d’une véritable négociation sur l’ensemble de ces questions.

 

Ces dernières semaines, nous sommes confrontés au non-renouvellement massif des CUI dans les établissements. La CGT a toujours refusé ce statut hyper-précaire et source d’abus. Nous estimons que les missions de ces collègues relèvent de postes statutaires. Néanmoins, ce qui s’apparente maintenant à un plan de licenciement est inacceptable. Pour tous les non-titulaires, la CGT revendique le droit à l’emploi et à la titularisation. En ce qui concerne les AVS et AESH nous rappelons les engagements pris par le ministère dans le sens de la création d’un véritable métier, garanti par un véritable statut.

 

Dans plusieurs lycées professionnels, les inquiétudes sont fortes concernant la refonte de la carte des formations dans un contexte de relance du plan apprentissage. Nous réitérons notre demande que toutes les informations sur les projets en cours soient donnés aux personnels des établissements et à leurs organisations syndicales, en toute transparence.

 

Les ELECTIONS PROFESSIONNELLES du 27 novembre au 4 décembre 2014 pour l’ensemble des titulaires, non titulaires et stagiaires relevant du ministère de l’Education nationale, sont pour la CGT une échéance décisive et nous entendons nous en emparer pour faire entendre largement la voix des personnels. Nous ne pouvons que regretter dans ce contexte les modalités défavorables à leur plus large participation qui ont encore été choisies. La lourdeur des procédures informatiques nécessaires au dépôt des listes nous confirment dans ce regret. Les procédures informatiques mises en œuvre entraînent un surcroît de travail inutile pour un grand nombre de personnel du rectorat (DIPE, DIEPAT, DSI). Plus grave, certaines catégories d’électeurs, notamment les personnels précaires, se heurtent à des difficultés, voire à des impossibilités d’accéder au portail électeur. Aujourd’hui les conditions sont réunies pour que certaines catégories ne puissent pas voter. Nous attirons l’attention du Comité Technique Académique sur le fait que les conditions d’exercice d’une véritable démocratie requièrent que tou-te-s les catégories de personnel aient facilement accès aux moyens d’exprimer leur suffrage. Nous demandons que des procédures de secours soient mises en œuvre pour garantir à tous les électeurs de pouvoir voter et éviter ainsi l’exclusion d’un certain nombre d’entre eux comme cela s’était produit lors de précédentes élections.


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